Meurtrie dans mon coeur et ..."Dans ma chair"

Publié le par Kelidoma

"J’ai grandi entourée d’hibiscus et d’ylang-ylang. Je m’enivrais des odeurs les plus suaves, et me rêvais déjà parfumeuse ou mannequin chez Courrèges, comme ma tante « Turquoise » : cette belle femme qui nous rendait visite dans son auto turquoise, drapée d’une mousseline assortie.

On est au début des années 60, la Guinée vient de basculer dans la dictature communiste. Mais nous, les enfants, nous vivons dans une bulle merveilleuse.

 

Ma mère, une intellectuelle formée en France, sait détourner notre attention des atrocités du régime. Malgré l’endoctrinement, les délations, les pendaisons publiques, j’ai le cœur léger. Mais cette parenthèse dorée va se noircir en quelques secondes. Sous une lame.

 

J’avais 9 ans, nous vivions à Conakry, la vie était belle. Un jour, maman m’a dit qu’on allait au cinéma. Et je me suis retrouvée victime d’un film d’horreur. Un traumatisme inouï, dont je n’avais jamais réussi à parler, avant de rencontrer l’amour et d’écrire « Dans ma chair », (éd. Michel Lafon)."


Vous avez certainement entendu parler de cette magnifique et grande dame qui luttait contre l'excision et c'est en parcourant un blog que je viens de réaliser qu'elle a fait l'actualité du mois de février de cette année en disparaissant. Je n'étais pas certaine qu'il s'agissait d'elle car finalement, les médias sont restés assez évasifs sur son destin, mais elle est bien décédée le 07/02/08. J'avais vu un reportage sur elle dans "66 minutes" sur M6 cet hiver et je l'avais trouvé indispensable à la planète, investie dans un combat qui doit impérativement être mené : l'excision. MOi qui répugne à suivre les traditions, en voilà une, des plus barbares qu'il m'ait impossible d'accepter. POurquoi est-ce toujours ceux qui oeuvrent en faveur du bien qui disparaissent si tôt ?
Alors que faire sinon incorporer à ma bibliothèque personnelle son oeuvre ?

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