Il va pleuvoir sur Conakry

Publié le par Kelidoma

Cheick Fantamady Camara était l'invité d'une rediffusion de "Studio M" que j'ai vue cette semaine. J'ai souhaité parlé de lui car, non seulement, il n'est pas fréquent de mettre à l'honneur des réalisateurs africains, mais aussi parce que son film semble une totale réussite. A l'heure où j'écris, je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir, mais il va rejoindre une liste que je commence à établir sur les films du monde.
Voici la bande-annonce :


et le résumé de l'histoire : "Bangali alias BB est un journaliste caricaturiste moderne et progressiste. Son père Karamo ainsi que son frère aîné Amine sont plutôt rompus à la pratique religieuse et au respect des
traditions ancestrales. BB est amoureux de Kesso, mais ne peut la présenter à son père, parce que celle-ci est une informaticienne née d'une famille de classe moyenne, et ne correspond pas au genre de femme qu'il est supposé lui souhaiter comme épouse.
Depuis plusieurs semaines, la sécheresse sévit à Conakry, capitale de la République de Guinée. Dans ce contexte, le pouvoir politique tient secret un bulletin météo favorable et
profite de la situation pour renforcer, par un malin subterfuge, ses relations avec les dignitaires religieux. En effet, pour accentuer l'influence des membres du clergé sur la population afin d'en profiter pendant les futures élections, le ministre des cultes leur offre une enveloppe et leur demande de prier la divine providence pour faire tomber la pluie.
BB comprend la supercherie et dénonce, contre l'avis de son patron, les faits dans le journal L'Horizon pour lequel il travaille. Un conflit ouvert naît alors quand Karamo apprend par
ce journal que c'est son propre fils BB qui est à l'origine de cette critique mal venue et de mauvais goût.
Par ailleurs, la grossesse annoncée de Kesso à ce moment vient exacerber cette situation déjà tendue, car pour Karamo, un enfant né hors mariage est un bâtard qui salirait la lignée
familiale. Sur fond de conflit de génération, d'opposition de points de vue et de fragile équilibre familial, un drame est donc inévitable."
En dehors de son oeuvre, Cheick Fantamady Camara a abordé la vision que les Africains et les Français ont de l'Afrique et il a relevé entre autres, les difficultés qu'il a dûes affronter pour que son film soit distribué et qu'on lui fasse confiance. Malgré la reconnaissance qu'il a eue et les nombreux prix que son film a remporté, il gardait toujours l'amerthume de la méfiance, du manque d'investissement des labels et distributeurs dans la production artistique africaine, il a insinué qu'il planait sur le cinéma africain une énorme dévalorisation reflet de l'image d'un continent tout entier par l'Europe.
Je traite toujours le même sujet et malheureusement arrive tout le temps à la même conclusion : être Noir en France renforce nécessairement un "handicap", comme le dit si bien G.KELMAN dans son livre Je suis noir et je n'aime pas le Manioc... Pourtant, sans le mélange des cultures et des idées, nous serions bien pauvres et l'Art serait d'autant plus amputé d'une évolution et d'une création qui aboutirait automatiquement à son auto-destruction...
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Publié dans Histoires d'en voir...

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C
Je serais bien interessee pour voir ce film, il est sorti en DVD?<br /> Tiens moi au courant si tu as investi dans son achat!<br /> A bientot, biz
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