L'honneur d'être choisie...

Publié le par Kelidoma

J'avais cinq ans.
J'ai fait la fierté de mes parents
Et quand il m'a emmenée
Je n'ai pas pleuré

L'honneur d'être choisie...
De vouer ma vie
A divertir avec élégance
Tous ces hommes en substance

L'éducation est stricte
Retenir tous ces rites
Supporter la souffrance
Au nom de l'apparence

Etre bien disposée
A servir, s'abbaisser
Apprendre sans rechigner
La grâce de la Cérémonie du Thé

Savoir se comporter
Dans la bonne société
Jouer de la musique, danser
Et converser, lorsque l'on y est invitée

Subir les séances interminables de maquillage
Etirer ses cheveux, qu'ils deviennent immobiles grâce au cirage
Porter le kimono, lourd d'empesage
Et négocier son misuage*

L'honneur d'être choisie...
Alors que je n'étais qu'une petite fille
Car là est véritablement l'enjeu
Etre une femme ou un jeu ?

Pour eux, je suis l'objet de décoration
Celle qui doit leur promettre sensation
Je suis la féminité-noblesse
L'objet de toutes leurs caresses
Je suis la poupée qu'on oppresse
Sous des tonnes de promesses

Je suis leur femme rêvée
L'esclave qui s'éxécute sans broncher
Pour satisfaire leurs désirs
Sans jamais les pervertir

Le luxe de la prostituée
Gheisha, j'ai été formée
A me vendre corps et âme
Tradition orchestrée de Dames
Complices d'une servitude
Séculaire de l'Homme sur la Femme




*virginité des apprenties gheishas qui se
monneye au plus offrant

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K
Le mot "prostituée" est connoté négativement certes, parce qu'il renvoie à une condition de corps comme objet et même avec la plus belle éducation et les plus belles parures, comme un joli paquet cadeau, les geishas monneyaient leurs faveurs à des hommes... ceci probablement dans la plus grande fierté et le plus grand respect au Japon mais il n'en restait pas moins cette façon d'asservir ou de servir sur un plateau, une femme... <br /> Je ne juge pas le passé ou un pays, je réagis en femme, simplement et je pense que j'aborderai encore ce sujet dans d'autres cultures ou d'autres époques, en insistant sur le ressenti d'une condition, qui est aussi la mienne.<br /> Qu'est-ce qu'être femme aujourd'hui, hier, où l'être aussi, car malgré le progrès, et sous couvert de modernité, certaines choses ne changent pas...
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K
<br /> @ L.IRO<br /> Cependant, merci de ta réaction, sans doute suis-je souvent très à "fleur de peau", c'est l'âme sensible d'artiste qui parle, comme un oiseau blessé qui se remet difficilement d'avoir eu les ailes<br /> coupées parfois par la réalité...<br /> <br /> <br />
L
Bonsoir Keli,<br /> <br /> j'aime bien ton texte car sa forme litteraire est achevée.Tu écris comme tu pars au combat et tes mots sonnent comme l'airain d'une épée.<br /> <br /> Mais je ne suis pas trop en accord avec ta vision des choses en ce sens qu'elle introduit une notion morale absolument inconnue des japonnais de l'époque.<br /> c'était vraiment une fierte pour ces femmes, ces enfants d'être choisies et elle étaient tout sauf considérées comme des prostituées.<br /> Enfin, cette société ne donnait pas à la virginité la même importance que dans nos sociétés judeo- chretiennes<br /> <br /> Que l'on soit clair; je n'approuve en rien ces "rites" innaceptables aujourd hui mais cela me gène toujours un peu de juger hier avec nos regards d'aujourd'hui. de reécrire l'histoire<br /> <br /> Merci en tout cas d'aborder avec tant de force des sujets qui permettent que l'on en parle..; car le vieil indien que je suis n'a pas forcement raison.<br /> <br /> Bonne soirée et continue d'écrire avec autant de force et de conviction.<br /> <br /> très bonne soirée<br /> <br /> L.IRO
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