Lost In Translation... Merci Sofia

Publié le par Kelidoma

"Bob Harris, acteur sur le déclin, se rend à Tokyo pour touner un spot publicitaire. Il a conscience qu'il se trompe - il devrait être chez lui avec sa famille, jouer au théâtre ou encore chercher un rôle dans un film -, mais il a besoin d'argent.
Du haut de son hôtel de luxe, il contemple la ville, mais ne voit rien. Il est ailleurs, détaché de tout, incapable de s'intégrer à la réalité qui l'entoure, incapable également de dormir à cause du décalage horaire.
Dans ce même établissement, Charlotte, une jeune Américaine fraîchement diplômée, accompagne son mari, photographe de mode. Ce dernier semble s'intéresser davantage à son travail qu'à sa femme. Se sentant délaissée, Charlotte cherche un peu d'attention. Elle va en trouver auprès de Bob... "

Hier soir, pour commencer mon temps de détente, me voilà seule à la maison avec Chouchou Doudou étant parti au repas de NOEL de son taf...
Chouchou a donc pu regarder sa série préférée à la TV :"Oggy et les cafards", épisode que nous avions déjà vu mais que nous avons apprécié de revoir ensemble... Ensuite, médicaments (car Chouchou est malade), toilette, histoire puis dodo pour lequel elle n'a pas rechigné du reste, puisqu'à peine 10 minutes plus tard, elle dormait...
Me voilà donc avec le programme tout à moi et j'hésite : "La grande Librairie" (j'ai retenu qu'en plus du dimanche matin, ça passe le jeudi soir...) sur FRANCE 5 ou bien "Lost in translation" sur ARTE. L'idéal est que je peux faire un mix des deux puisque le film ne commence qu'à 21h00.
Me voilà plongée dans un univers que j'affectionne particulièrement, celui du film lent. Deux solitudes, à l'autre bout du monde, deux croisées de vie, l'un à la cinquantaine, l'autre à la vingtaine et des questions sur l'existence... On assiste en bonus à la vie de Tokyo dans tous ses contrastes, entre la modernité architecturale qui côtoie la tradition des parcs japonais, le côté déjanté des jeunes tokyoïtes et le côté sélect de l'hôtel dans lequel les personnages évoluent. Immergés dans des fêtes auxquelles ils ont un peu de mal à s'adapter, les personnages, pourtant motivés de s'insérer et de comprendre, se rapprochent inexorablement puisqu'issus du même milieu et de la même origine géographique, il y a une connection obligatoire.
En regardant ce film, j'ai fait quelques flash back dans le livre d'A NOTHOMB: "Ni d'Eve, ni d'Adam" et dans son observation de la culture japonaise...
Le personnage de Bob (Bill MURRAY) est touchant quand il se livre à la jeunette Charlotte (Scarlett Johanson) sur sa vie, le mariage et ses désillusions, la construction d'une famille qui fragilise le couple, son propre constat de vie... Quand à Charlotte, on sent tellement fort son abandon qu'on ne peut pas rester indifférent, elle qui a fait le choix d'accompagner au bout du monde un mari absent car tout dévoué à son travail, avant tout une passion.
Mais Bob va repartir et Charlotte le sait, elle qui n'a pas d'autre choix que de rester là... ou peut-être en a-t-elle un autre, mais elle ne le fera pas. Car quand on est une femme, la plupart du temps, même malheureuse, même abandonnée, on reste près de celui qu'on aime, en particulier quand on a vingt ans...
Sofia COPPOLA nous livre là une histoire finalement simple de deux personnes qui se croisent à un moment de leur vie et s'apportent du réconfort l'une à l'autre, de l'affection et une fusion, à un moment où ils en ont besoin et dans le contexte particulier de l'expatriation.
C'est étrange comme ce contexte peut nous rapprocher de parfaits inconnus que nous aurions totalement ignoré si nous étions dans notre ville ou pays...
J'ai bien aimé ce film, même s'il ne s'y passe pas grand chose en terme d'action, les émotions sont très bien rendues et en général, j'accroche bien sur les histoires où les personnages sont à la dérive de leur vie, sans doute, parce que je m'y sens aussi toujours moi-même, consciente que la vie n'est que succession de bascules d'un monde à l'autre, sans cela, quel ennui si tout était stabilité tout le temps...
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Publié dans Histoires d'en voir...

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K
Si vous aimez les films lents où l'action est plus dans l'esprit que dans le corps cela vous plaira... Tiens moi au courant quand tu l'auras vu...
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V
c'est bizarre, ça fait bien 6 mois que nous avons acheté le dvd, et nous n'avons toujours pas pris le temps de la visionner; ton descriptif me donne bien envie maintenant de le voir, donc , c'est décidé, ce soir, on le regarde.<br /> Quant au sentiment étrange que tu décrit quant au rapprochement des personnes expatriées, et bien, curieusement, c'est vrai ! on part, à 8000 km, pour voir autre chose, d'autres personnes, d'autres cultures, et malgré tout on ressent quand l'envie de "se retrouver"; l'un n'empêche pas l'autre, mais c'est tout de même curieux.
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