Dans Ma Chair de Katoucha Niane

Publié le par Kelidoma

http://www.katoucha-niane.com/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
Voilà le dernier ouvrage que je viens de terminer. Je ne m'attendais pas vraiment à cela, je pensais y trouver plus d'informations sur son combat contre l'excision, en réalité, il s'agit plus d'une biographie.
Cela dit, ce livre m'a tout de même intéressée, moi qui ne suis pourtant pas "people" pour deux sous. on y retrouve des grands noms dans les fréquentations de Katoucha...
Elle décrit surtout le Paris des années 1980, en particulier les nuits parisiennes, le luxe, les fantaisies de l'époque, la drogue et l'alcool aussi dans lesquels elle sombrera à maintes reprises, la vie d'un mannequin à la grande époque, celle de mon adolescence, celle où elles ont été "starisées"... et l'on sait où a conduit cette médiatisation des mannequins pour en faire des stars, l'admiration infinie de toutes les jeunes femmes pour cette scupturale beauté, cette minceur extrême jusqu'à l'anorexie...
Elle parle aussi avec Amour et Passion de la Haute Couture, bien sûr, de sa rencontre avec Monsieur (Yves Saint Laurent) et de son génie, ainsi que de sa personnalité particulièrement silencieuse.
Katoucha, c'est aussi la vie d'une africaine expatriée, qui a gardé tant de ses racines bien qu'elle soit venue à Paris sans le consentement de ses parents et sur un coup de tête déterminée à devenir ce que finalement elle est devenue. Elle parle du déracinement, de ce sentiment qui nous oppresse à ne plus savoir vraiment où l'on est chez soi, et comme elle le dit elle-même, descendante de Peuls (tribu nomade de l'Afrique de l'Est), le nomadisme ça va un temps, il faut aussi savoir s'établir, de là, rejaillira son attache à sa Terre Natale, cette Terre qui l'a pourtant meurtrie dans sa chair, avec cette tradition barbare de l'excision, cette Terre, qui l'a soumise au viol, là aussi au nom de la tradition, d'une façon de vivre, contre laquelle on se révolte peu, d'abord parce qu'on est enfant quand on le subit et aussi par peur d'être paria, rejetée de la communauté. La communauté, voilà aussi un mot qui pèse très lourd dans la tradition africaine, c'est ensemble que tout se décide. Pour renoncer à l'excision, il faut que le village entier soit convaincu, sinon, il n'y a pas de résultat...
Katoucha connaît à la fois l'individualisme parisien ou londonien ou même encore japonais et le communautarisme africain, un sacré mélange que tout cela, doublé d'un caractère extrême au possible, capable du meilleur comme du pire, repoussante et énervante au paroxysme, comme elle peut être attachante et adorable, dévouée et généreuse...
Voici un beau portrait d'une femme trop vite disparue, même si elle a plusieurs fois touché le fond, elle a toujours trouvé l'énergie de remonter, même loin de ses enfants, même toujours brûlée par sa révolte de petite fille trahie et mutilée, elle incarne le mot DETERMINATION !
Ce qui m' a fait le plus peur, c'est que Katoucha est du signe du SCORPION, Chouchou aussi et parfois dans les attitudes de ma fille, je sens en elle cette révolte prète à tout casser, cette détermination et cet entêtement, cette insoumission, elle aussi porte en elle l'extrême, elle est aussi adorable et affectueuse, qu'elle est parfois "monstrueuse", impossible d'être infdifférent avec ce genre de personnalité et de toute façon, elles feront tout pour attirer votre attention, bonne ou mauvaise...http://www.linternaute.com/femmes/horoscope/zodiaque/scorpion-portrait/

Katoucha Niane témoignage sur l'excision
J'aurais aimé en savoir plus sur son combat contre les exciseuses car c'est comme cela que j'avais découvert Katoucha et en tant que femme, comment restée insouciante de cette tradition barbare et qui reflète le machisme paroxystique d'une partie de l'humanité ? On apprend toutefois son ressenti personnel qu'elle nous livre avec pudeur et aussi que ce drame a donné une direction à sa vie, à son corps et à tout son être... Le viol et l'anéantissement interne qu'il provoque est bien relaté entre les lignes de son livre, une blessure inoubliable, insoutenable, révoltante mais qui ne l'empêche pas d'aller vers les Hommes, de les aimer, tout de même, d'être à nouveau trahie par eux et blessée aussi, mais je dirais que ceci est aussi en rapport avec sa personnalité de "Lionne"...
Je referme ce livre avec tendresse pour cette femme au destin peu commun et qui a oeuvré envers la reconnaissance de la beauté "noire", grâce à elle, la mode a ouvert ses portes à des mannequins africains et antillais et aujourd'hui, je pense que même si elles restent encore en minorité, cela tend à devenir plus communs et mieux apprécié à leur juste valeur...
Katoucha a toujours cherché à valoriser toute l'Afrique et la beauté qui y règne parce qu'elle est restée purement africaine dans son âme, elle avait le sens de l'esthétique et l'a crié au monde entier qui a réagi alors que demander de plus...


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M
chez les juifs, on circoncit les hommes, là aussi ce sont les femmes qui choisissent ...<br /> même si c'est le rabbin qui pratique ...<br /> Faut-il vraiment appartenir à un groupe pour exister ? <br /> cela vaut pour les clans aux gros nénés aussi !<br /> mais j'avoue m'être fait percer les oreilles à quarante ans afin de pouvoir porter ces boucles d'oreilles qui ne me comprimaient plus les lobbes ...<br /> amitié .
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M
l'excision, pratiquée par des mères sur leurs filles, je n'ai jamais pu le tolérer . Plus qu'une religion, il s'agit juste d'une coutume barbare perpétuée de génération en génération ... Nous aurions pu croire que le fait de vivre en occident libère ces femmes, mais certaines semblent s'y accrocher ... Contre cela nous devons lutter .
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K
<br /> OUi lutter... Malheureusement, comme elle le dit elle-même, Katoucha, tant de coûtumes barbares perdurent par peur du rejet d'une communauté, elle parle aussi de ce qui se pratiquait en Asie, en<br /> Chine plus particulièrement, avec le tradition des petits pieds... Au nom de je ne sais quel esthétisme formaté par de Hommes, nous les femmes sommes mutilées et acceptons de l'être pour faire<br /> partie d'une tribu... Ce système persiste encore aujourd'hui, bien entendu, peut-être peut-on ne pas parler de barbarie, mais lorsque les femmes sont réduites à se tordre la colonne vertébrale et<br /> les orteils pour porter des talons hauts parce que c'est plus féminin, ou qu'elles ont recours à la chirurgie esthétique pour se gonfler les seins, les fesses et je ne sais quel attribut encore au<br /> nom de l'affirmation d'une féminité, qui, entre nous soit dit, relève plus d'une idée de séduction des Hommes qu'autre chose, ne peut-on alors pas parler d'une certaine "barbarie" ?<br /> Etre reconnue, chacun cherche à l'être à de nombreux prix, pour se sentir exister et faire partie de la société...<br /> J'avoue que parfois, je choisirai plus volontiers la marginalisation d'une telle société car je ne m'y reconnais pas, comme une non excisée parmi toutes les excisées, en quelque sorte... Une femme<br /> dans un monde encore bien résolument d'Hommes...<br /> <br /> <br />