Crise de nombrilisme aiguë
Hier, me voilà partie pour une expérience que je n'oublierai pas de si tôt : LA REUNION ANNUELLE DES CO-PROPRIETAIRES !
OH SECOURS !
Doudou est trop fatigué alors inutile de lui imposer cette épreuve surtout qu'il s'y est déjà collé la dernière fois avec un ravissement non dissimulé... Il m'avait dit que c'était chiant mais je n'imaginais pas à quel point...
Je pars avec Gi'A, un voisin et y retrouve les autres sur place : Lulu, AnnSo, Frankie et j'en passe, bref, des têtes connues... J'ai potassé rapidement dans la voiture les questions du jour et franchement, voir ce qui préocuppe mes voisins est une calamité...
La réunion commence à 18h00 et après plus d'une heure de parlotte, on a toujours pas décollé de la première question... c'est d'un ennui mortel, ça me rappelle l'école et je crois bien que c'est là, la dernière fois que j'ai ressenti ce sentiment d'oppression extrême par l'ennui...
Donc, je commence à dessiner, puis à embêter mon voisin droite, Gi'A, pas plus attentif que moi, puis celui de devant, Frankie, qui se retourne de temps en temps l'histoire de lancer deux ou trois conneries avec nous, bref, une ambiance de cancres de fond de la classe pour couvrir les problèmes existenciels du reste de la co-propriété d'une futilité affligeante...
De temps en temps, il y a quelques coups de gueule, l'histoire de mettre un peu d'action mais c'est plutôt morne dans l'ensemble et d'une faiblesse d'esprit horripilante... On aura le droit à tout, du racisme social au préjugés les plus bas (ben oui, j'habite dans un nouveau quartier où sont mélangés HLM et propriétaires et franchement, je trouve cela plutôt bien, mais ce n'est pas le goût de tout le monde, visiblement...), des comérages les plus insignifiants aux relèves de "dérangements" ,qui n'en sont pas, sur ce qui se passe sur les terrasses et balcons des autres ou bien dans les garages...
Et à côté de ça, dans le monde, des gens meurent de faim et de maladies affreuses faute de quoi se soigner...
Nous, cela fait presque trois heures que nous sommes enfermés là et je me demande bien ce que j'y fais si ce n'est me consterner un peu plus à chaque minute...
Gi'A et moi finissons par reprendre en coeur la fameuse phrase de la "présidente de séance" :
-"accepté à l'unanimité"
à chaque point abordé car entre une demande de changement de fenêtre et le choix d'une couleur de store banne, on s'en balance comme de notre première chemise et franchement, on a qu'une envie : SE BARRER !
A 21h00, tout le monde est enfin libéré et c'est avec un soulagement non dissimulé que nous allons cicatriser de nos blessures d'orgueil de la soirée dans un sympathique bar avec Lulu, AnnSo et Gi 'A, un peu bruyant certes mais sympa quand même...
Je reste donc sur cette note indéfinissable d'étroitesse d'esprit avec plein de questions angoissantes en tête, dont la première : - Comment fait-on pour en arriver là ?
Franchement, on aurait pu organiser un barbec' avec deux ou trois apéros et disserter ensemble de ce qui gênent les uns et les autres en tentant de trouver un terrain d'entente et de tolérance pour que tout le monde parvienne à une harmonie, les choses auraient été moins pénibles et en plus, on se serait bien marrés.
Au lieu de cela, on a eu une "chienne de garde", parfois particulièrement insolente et irrespectueuse comme meneuse de débat, des gens qui cherchent à comparer ce qu'ils n'ont pas par rapport aux autres, des problèmes (des vrais, cette fois, comme des toits innondés, une acoustique inexistante, des parking dangereux...) qui sont plus ou moins restés sans solutions, des charges que nous allons devoir assumer alors qu'on utilise pas ce pour quoi on paiera... Bref, un vrai bonheur avec une démocratie complètement illusoire à l'appui puisque finalement, on n'a pas tellement la voix au chapitre...
Enfin, la prochaine fois que j'ai trois heures à perdre, j'irai me faire une toile ou donner au coup de pouce à une soupe populaire, ce sera beaucoup plus utile, investi, que d'écouter des gens qui ont déjà tout se plaindre de petits maux réglables par eux-même ou à l'amiable...
A bon entendeur, Salut !