Quand les créoles s'affolent
Depuis plus d'une vingtaine de jours, Gwada est en crise et il semble que la contagion s'étende en Martinique et à la Réunion.
Le ras-le-bol qui secoue l'île n'est pas différent de celui qui secoue la Métropole, les gens triment pour gagner une misère qu'ils dépensent dans des produits de première nécessité toujours plus chers, un schéma qui tend à ressembler à ce que vivaient nos ancêtres il y a plus de 320 ans et qui a conduit à une "Révolution Française".
Aujourd'hui, que reste-t-il de l'abolition des privilèges ? Pas grand chose. Les privilèges sont toujours là et le peuple est toujours plus ou moins le Dindon de la farce... Et ceci s'expose d'autant plus aux Antilles.
Pourquoi ?
Il semblerait, à l'instar du monde, qu'une minorité possède les richesses et que la majorité reste à leurs bottes, victime de leur autorité économique. Les Béké ou blan peyi sont les descendants des planteurs qui ont fait fortune outremer, au jour d'aujourd'hui, si leurs familles sont écimées, leur fortune ne l'est pas. ils possèdent la majorité des Terres de Guadeloupe et de Martinique et règnent en Maîtres, comme leurs aïeux sur les territoires en instaurant les marges et les salaires...
Parce que la Guadeloupe explose aujourd'hui, ils risquent d'être mis sur le devant de la scène et ce sera un juste retour des choses puisqu'il serait temps, qu'en effet, les choses changent.
Je ne cherche pas à pointer du doigt d'une façon manichéenne, en désignant d'emblée les coupables et les victimes. Si les Békés sont responsables d'une grande partie des inégalités sociales aux Antilles, je pense que les antillais, bien souvent trop divisés, ont conduit à ce que la situation soit ainsi.
Le gouvernement n'a pas idée d'où il met les pieds dans ce conflit guadeloupéen qui s'étend maintenant aux autres îles. Bien souvent oubliés et dédaignés ces territoires portent une histoire qui depuis des siècles n'a toujours pas trouvé d'issue. Si seulement, les instances avaient compris que pour s'occuper de l'Outremer, il est indispensable de mettre à la tête d'un ministère une personne issue de ces territoires, que le préfet doit impérativement comprendre les langues locales et savoir avec souplesse appliquer les lois de la république, les choses iraient beaucoup mieux.
La Métropole porte une grande part de responsabilité dans la colère guadeloupéenne, elle applique aisément l'adage "loin des yeux, loin du coeur" sans imaginer à quel point le patriotisme dans les îles est fort.
Je suis révoltée, moi-même, par le dédain dont fait part la France envers ces territoires. La majorité des métropolitains ne savent même pas les situer sur une carte de géographie, ils n'imaginent même pas que ces petits bouts de terre sont animés d'un dévouement et d'un respect pour la France souvent plus grand qu'en Métropole et qu'ils souffrent d'un manque de reconnaissance aigu.
Dans les jeune générations antillaises, cette admiration métropolitaine se perd, elles se désignent d'abord comme antillaises, après comme françaises, parce qu'elles se sentent trop souvent en marge d'une politique qui leur est inadaptée.
Je constate avec désarroi que l'éducation reçue est bien souvent inférieure de niveau à celle enseignée ici et que l'adaptation, quand elle doit se faire, reste d'autant plus une épreuve. Ces populations sont bien souvent de couleur (affiliées dans la masse à des étrangers au yeux des métropolitains), parlant avec l'accent créole, venant d'un climat totalement différent de celui qu'il découvrent et avec un niveau d'étude loin d'être comparable à celui des résidents d'ici. Quelle chance leur offre-t-on alors ?
Il y a le plus fort taux de chômage chez eux et ils arrivent avec des "handicaps" multiples et certains ici pour trouver du travail.
Je ne peux pas plus développer mes idées, car je suis déjà loin dans mon étude.
En conclusion, je constate, qu'effectivement, à l'heure où Mayotte, TOM aujourd'hui, demande à devenir DOM demain, je ne sais ce qu'elle espère mais je pense que les DOM d'aujourd'hui ont encore beaucoup de batailles à gagner pour pouvoir prétendre à être autre chose que des territoires stratégiques miliaires... Monsieur JEGO, vous ne résolverez certainement rien aujourd'hui mais il serait temps de poser une réflexion sur votre secrétariat d'état.
Les DOM fourmillent de richesses mais ils ont besoin d'être PLUS RECONNUS, PLUS ENTENDUS, PLUS CONSIDERES et de SORTIR du COLONIALISME qu'ils n'ont malheureusement jamais quitté.
Pour GWADA, il est temps de réclamer PLUS D EGALITE et D EQUITE !