La Gwadloup ce tan nou La Gwadloup ce pa ta yo !
Saviez-vous que Gwada avait son propre drapeau ? Maintenant, oui puisque vous le découvrez ci-contre.
Depuis presque un mois et demi, Gwada est secouée par un mouvement populaire sans précédent. Lors de notre séjour ici, nous avons recueilli les témoignages des habitants de l'île, qui nous ont tous donné leurs points de vue, qui diffèrent peu finalement.
Nous étions là, il y a deux ans (car malgré la vie dure en Métrpole, on se saigne pour venir régulièrement) et même si nous constations que les prix étaient plus chers qu'en Métropole, ce qui avait toujours été le cas, la flambée de cette année est véritablement spectaculaire ! Alors, comment ne pas soutenir un mouvement qui réclame tout simplement plus de considération pour ses habitants qui finissent par ne même plus survivre !
La détermination du mouvement est finalement à l'égal des revendications et du désir de justice. Personnellement, je suis outrée que le message véhiculé en Métropole ait plus été basé sur les débordements de violence (cependant très mineurs et localisés) que sur la justesse des demandes.
Non, Mesdames et Messieurs de Métropole, Gwada n'est pas en insurrection, Gwada est même restée très calme face à ce qu'elle a vécu de pénurie et de blocage. Vous vous imaginez, vous, demain, dans votre patelin, privés de déplacement, privés de ravitaillement, privés d'eau et d'électricité par moment et surtout privés de soutien car victimes de la désinformation au monde ?
J'ai rencontré ceux qui vivent ici, j'ai écouté ce qu'ils avaient à dire et jamais cela n'a tourné autour du racisme primaire comme on a voulut le faire croire, jamais cela n'a été résumé majoritairement à un désir d'indépendance, les gens ici, ont tout simplement voulu attirer l'attention sur la prise d'otage financière dont ils sont victimes sur leur propre lieu de vie au quotidien.
Les békés ont bien entendu été montrés du doigt et pour cause ! Ils détiennent depuis des siècles l'économie de l'île entre leurs mains et avec la complicité de tous les gouvernements qui se sont succédés. Je suis d'accord pour dire qu'il s'agit d'un esclavage moderne ! Ce mois et demi de grève n'a même pas "dérangés" ces personnes classées parmi les premières fortunes de France, par contre, il a condamné des petites entreprises qui aujourd'hui vont se retrouver face à des difficultés considérables, il a engendré un chômage, pourtant déjà bien plus élevé qu'en Métropole, il a cloîtré chez eux des centaines de personnes déjà en difficulté sociale et économique, sans ça, il a fait perdre un temps précieux sur le programme scolaire, il a brisé une saison touristique qui redémarrait sur les chapeaux de roue, il a figé toute une population dans l'attente d'être seulement entendue dans ses problèmes et tout ça pourquoi ? Parce qu'un gouvernement méprisant a fait preuve d'une inertie réactionnelle et organisée avec les fortunes de l'île pour étouffer dans l'oeuf une révolte justifiée ! Cette souffrance de plus 6 semaines n'a pas été demandée par la population, cependant, elle n'avait pas d'autres choix que de soutenir un mouvement qui a mis en relief leurs difficultés premières de pouvoir d'achat . 
Aujourd'hui, toute la presse se concentre sur les 200 euros réclamés, que les syndicats et les patrons ont tenté de mettre en place par le biais de montages plus ou moins saugrenus d'aides sociales et autres, alors qu'en réalité, cette mesure qui concerne les bas salaires n'est qu'un pansement sur une jambe de bois, l'essentiel est la baisse des prix qui profitera à toute l'île et c'est sur ceci que doit se concentrer l'action afin que la vie soit plus juste en Guadeloupe.
La grève, personnellement, ne nous a pas empêché de visiter les beautés de l'île papillon, les gens sont restés les mêmes, certains plus accueillants que d'autres, mais jusque là, rien de bien différent de d'habitude, la seule chose dont nous avons été véritablement privés, c'est le carnaval, malgré un Vaval qui a tout de même été brûlé dans certaines communes, les festivités ont été moindres, ce qui se justifie d'ailleurs tout à fait. 
Pour conclure sur le ressenti de ce conflit et sur le slogan utilisé qui a parfois été mal perçu : "La Gwadloup ce tan nou, la Gwadloup ce pa ta yo " (la Guadeloupe est à nous et pas à eux), il est évident que cette phrase chantée, devenue hymne de la révolte s'adressait aux oppresseurs du peuple et non pas contre une histoire de couleur de peau uniquement. Beaucoup de métropolitains vivent maintenant ici et ils se sont retrouvés exactement dans le même bain que les antillais mêmes, avec les mêmes blocages et interruptions de salaire et de travail... Encore une orientation médiatique erronée en Métropole, cependant, je ne nie pas que certains touristes aient pu être montrés du doigt, il peut y avoir des amalgames, sans aucun doute.
Le tout est de ne jamais faire de généralités et c'est pourtant trop souvent ce qui se passe !
J'aime Gwada et je soutiens le mécontentement guadeloupéen, je soutiens aussi sa révolte qui mériterait d'être exportée en Métropole où, nous aussi, classe moyenne, sommes régulièrement abusée financièrement car les idées sont justes.
L'un des facteurs à prendre en compte dans cette augmentation du coût de la vie est l'immigration massive de métropolitains sur les 5 dernières années qui ont conduit à un changement d'habitude de consommation, de même que la présence de retraités qui investissent dans des logements (qui ne respectent souvent pas les 50 pas géométriques et défigurent notre belle Gwada) en défiscalisation et envahissent la place pour passer l'hiver au soleil... Non seulement, la consommation de produits locaux se perd mais en plus, l'attitude de ces touristes laissent véritablement à désirer, ils se prélassent sur les plages à moitié nus (ce qu'ils n'oseraient pas faire en métropole) et en plus consomment des produits identiques à ceux qu'ils trouvent chez eux, quels que soient leurs prix, ainsi, si même chers les produits trouvent preneurs, forcément, cela n'engendre pas leur baisse, condamnant les locaux à vivre largement au-dessus de leurs moyens...
Maintenant que les choses semblent se tasser ici, il faut toutefois continuer la lutte en poursuivant les achats dans les lolos des locaux et non pas se ruer dans les grandes surfaces qui appartiennent aux plus fortunés de France.
A bon entendeur !