Un luxe encore impayable il y a quelques mois...
Le repos.
Voilà ce qui résume mon titre et qui intitule cette image.
Je me souviens de ces nombreux articles où je parlais de cette envie (inaccessible), de ce besoin (inassouvi), de cette "étoile du berger"
qui ne brillait que dans un rêve, de ce luxe que j'aurai aimer me payer qu'on appelle LE REPOS.
Avoir le pouvoir de regarder le temps, de le prendre ce temps, comme le sable d'un sablier, et de la regarder s'écouler entre nos phalanges, d'écarter les barreaux d'une prison construite de nos mains, façonnée de contraintes d'horaires, d'investissement interrompu, d'énergie tarie dans un quotidien où la roue tourne incessament, nous entraînant dans un sillage qui recommence éternellement. Sidyphe et son rocher, il n'y a pas de meilleur illustration que celle-ci
Est-ce parce que ma nature est trop épicurienne que je faillis dans cet univers ? J'avoue parfois me poser la question car j'ai constaté, depuis que j'ai le luxe du temps, que certaines personnes, qui ne se sont pas enfermées dans le milieu professionnel, reproduisent chez elle, exactement les mêmes murs que ceux qui m'oppressaient. Elles cataloguent, régissent, fourmillent, se transforment en abeilles ouvrières dans leur propre foyer et bâtissent un rythme quasi-militaire pour remplir toutes les tâches qu'elles se donnent à faire. Sont-elles victimes (consentantes) ou tout simplement "carrées" et incapables d'arrondir leurs angles ?
En tout cas, plus le temps passe et plus je sais ce que je ne suis pas... Je ne suis pas carrée, j'ai besoin de rondeurs, de flous, d'espaces vierges et je peux enfin me permettre de dire :" ce qui n'est pas fait AUJOURD'HUI, le sera bien DEMAIN", parce que je n'ai plus besoin de courir après le précieux du temps.
Je suis enfin CHEZ MOI et pourtant, j'ai eu du mal à m'y faire... à RALENTIR... à me dire que ce à quoi j'aspirais le plus, maintenant que je le tenais, m'effrayais...
Toutefois, et c'est bien là que je sais que je ne suis pas faite pour "la discipline rigide", une fois que j'ai pu apprécier le luxe qui m'a été donné, je me suis mise à en profiter, sans état d'âme...
A moi, la solitude et la réflexion, voire la méditation au rythme d'une musique zen,
A moi, la créativité, l'imagination et la conception,
A moi, la disponibilité pour ma famille et mes amis,
A moi, l'ESPACE pour VIVRE et non plus SURVIVRE...
Cet air, je l'ai ASPIRE, INSPIRE, AVALE, comme après une longue plongée en apnée, un retour à la surface pour découvrir qu'on VIT !
Et le bonus, c'est qu'en effet, je VIS, mais je prète aussi mon corps à un autre être qui lui aussi VIT...