Traditions et coutumes, carcan ou héritage ?
Hier, Doudou et moi avons été interpellés par un reportage sur les veuves d'Inde.
Ces femmes, vêtues d'un sari blanc, (leur mari étant mort, elles n'ont plus de droit de porter ni couleur, ni bijou) sont bannies. Leur "crime" ? Être veuves. Pour la plupart, dans le reportage, elles étaient vieilles et réduites à l'état de mendiantes puisque considérées comme indigentes et donc livrées à elles-mêmes, mais il y avait aussi des jeunes femmes. En Inde, la tradition est qu'une femme veuve doit être rejetée de la société, autrefois, elles étaient condamnées à vivre recluses dans des ashrams car à la charge de leur famille et coûtant trop cher ; lorsque cette tragédie vous arrive à 13 ans, comme ce fût le cas de l'une des femmes qui témoignaient, vous vivez votre vie entière comme mendiante. Heureusement, pour contrer ce rite séculaire, il existe des personnes qui bravent la tradition au nom de l'humain et c'est le cas d'une femme médecin qui a ouvert un centre pour accueillir les malheureuses.
Ce n'est pas la première fois que j'aborde ce sujet des rites et coutumes, j'avoue ne pas comprendre ce qui pousse les gens à reproduire "bêtement" ce qui se fait depuis des lustres, parfois, sans même savoir réellement pourquoi, si ce n'est que l'explication est :"c'est la tradition".
Autour de cela, persistent des horreurs et des mutilations, telles que l'excision en Afrique, la mise à mort des nourrissons féminins en Asie, la torture et l'éradication des albinos encore en Afrique, la recherche de l'anéantissement de la femme en Afghanistan avec le port de la burka et l'analphabétisation et bien d'autres choses encore.
Chez nous aussi, persistent des idées, des coutumes, des façons de faire, certes moins barbares, mais qui n'ont pas de réelles réponses personnelles, seul le poids du collectif compte, l'héritage familial de valeurs, qui, personnellement, me paraissent souvent lutter contre le libre-arbitre : le baptême, par exemple, qui se pratique dans de nombreuse familles n'a pas toujours l'écho religieux dont il est issu, idem pour le mariage et les enterrements, parce que, sans la sacro-sainte église, cela ne ressemble pas véritablement à ce que l'événement doit être...
Où résident réellement la foi des gens ? Sont-ils convaincus d'agir en son nom, ou se comportent-ils simplement comme des moutons de panurges, parce qu'"ici ça se fait" ?
Je suis hermétique à ces idées de devoir suivre des rites, dogmes, chemins de vie parce qu'ils sont le bastion d'une région, d'un pays, d'une famille, d'un sexe.
Heureusement, je n'ai pas souffert, comme Doudou, d'être contrainte d'abandonner des moments d'enfance au profit de toutes ces choses qui se font, à une époque et se déferont sans doute à une autre.
Les vraies valeurs ne résident pour moi que dans le respect de l'Humain, de la vie en général, sous toute ses formes et consentie et surtout dans la liberté d'être ce que l'on est sans avoir à en rougir parce qu'on ne marche pas dans les pas de son voisin.
J'imagine que le monde se porterait probablement mieux si ce principe simple et fondamental pouvait tout simplement s'appliquer.