Terre promise...
Triste constat qui vient à notre esprit à Doudou et à moi. On aurait pu s'imaginer qu'il s'agissait d'une impression personelle et commune à nous deux mais visiblement, il n'en est rien. Nul n'est prophète en son pays et là s'accorde bien cet adage à la lecture de cet article sur le blog du 5ème DOM : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-36629941.htmlCréer une charte entre le patronat et les demandeurs d'emploi ultra-marins pour qu'à qualification égale s'impose (un peu) le besoin du retour au pays natal. Bien entendu l'auteur précise qu'il n'y a rien d'imposer aux chefs d'entreprise des DOM dans ce sens, qu'il s'agit d'une proposition et que si la réflexion est louable ce qui l'est moins c'est qu'elle découle sûrement d'un constat : la colonisation métropolitaine des DOM (en particulier GWADA) depuis plusieurs années et la fermeture de plus en plus de portes à l'emploi des DOMIENS.
Je suis directe, dure, crue dans les paroles. Ah oui ?! Mais ceci vient du fait que depuis environ 5 ans, nos deux voyages à GWADA n'ont fait que nous ouvrir les yeux sur cet état. Nous avons recueilli quelques témoignages en faveur de notre observation et la grève du début d'année n'a fait qu'appuyer là où ça fait mal.
Se sentir rejeté de chez soi, quel sentiment brûlant d'injustice et de profonde douleur.
Je sais qu'en métropole certains le connaissent et ils ciblent largement et impunément les "immigrés" et autres populations qui ne leur ressemblent pas comme responsables de ce sentiment
Dans les DOM, dire que le sentiment est le même pourrait être une comparaison plausible à certains égards mais là où en métropole les populations immigrées vivent bien souvent dans la misère, dans les Dom "les immigrés" sont plein aux as, infiltrent, à grand renfort de défiscalisation le paysage insulaire, changent les modes de consommation et s'approprient des territoires entiers qu'ils régentent en zone de non-droit et surtout zone de non-accès pour les autochtones.
Aujourd'hui, naît une charte pour que l'embauche des ultra-marins soit favorisée sur leurs terres et qui pourrait s'en offenser ? C'est sûr que si le phénomène se perpétue, bientôt, il y aura plus de DOMIENS en METROPOLE que de DOMIENS dans les DOM.
Si l'expérience métropolitaine est une bonne chose pour l'ouverture d'esprit et s'enrichir, elle ne doit pas devenir un choix définitif et sans retour et jusque là, force est de constater que c'est bien le cas.
Alors, on nous a promis une aide pour obtenir des billets d'avion à tarif préférentiel et maintenant une charte qui reste toutefois très théorique et laisse beaucoup de liberté aux chefs d'entreprise (bien souvent blancs ou békés) de faire à leur guise.
Que d'hypocrisie encore à naître alors qu'il suffirait d'être logique, d'insister sur la formation des DOMIENS en leur territoire pour leur permettre une ouverture et une polyvalence qui élargirait leur horizon et leur laisserait une liberté de choix de se faire valoir ici et ailleurs.
Si aujourd'hui les DOMIENS souffrent peut-être d'immobilisme, de misère et de découragement c'est parce qu'ils ne savent plus où est leur place, ni où ils sont les bienvenus.
Pour les étudiants et qu'ils soient moins perdus, il existe des structure d'accueil dans les villes métropolitaines qui font ce qu'elles peuvent, toutefois, certaines villes d'accueil restent encore bien arriérées inventant des surnoms comme les "kinder" par exemple en Normandie pour les désignés.
A côté de cela, les célébrations mortuaires traditionnelles qui se font parfois plusieurs nuits entières à grand renfort de Gwo-ka sont qualifiées de "tapage nocturne" parce qu'elles ennuient les riches et nouveaux propriétaires retraités qui viennent d'acheter leur appartement en défiscation sur un littoral ilien petit à petit défiguré.
J'aimerais que mon utopie résonne aujourd'hui pour me réjouir de cette charte qui vient d'être signée mais malheureusement, elle n'est pas assez forte.
Ce que je comprends, une fois de plus, c'est qu'une nouvelle distinction est faite parce que le respect, l'envie, l'intégration de toutes les Frances dans la même France n'est pas acquise et que même si certains défendent ce combat il n'ont que très peu d'écho dans les hautes sphères de l'Etat...
Colonialisme, colonisation, quand tu nous tiens, tes crocs sont bien trop ancrés depuis des siècles pour lâcher prise...
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