Le droit à l'éducation ?...

Publié le par Kelidoma

Si vous avez suivi quelque peu l'actualité ces derniers jours, je ne sais pas si vous avez ressenti le même sentiment que moi, mais si c'est le cas (ou pas) surtout dites-le moi, ça me rassurera de savoir que d'autres personnes s'indignent et s'inquiètent de ce qui se trame actuellement dans le domaine de l'éducation et du savoir.
Il y a d'abord eu ce reportage sur le dialogue inventé des ados qui souhaitent communiquer entre eux sans que leurs parents n'y comprennent un traître mot. Loin de moi de découvrir cela comme un scoop de tout temps cela s'est pratiqué. Toutefois, nous sommes rendus tout de même loin dans l'invention. Un langage qui n'a plus rien de commun avec le français, qui mélange onomatopées, mots totalement inventés, sans aucune règle, ni orthographique, ni grammaticale, qui ne trouve son origine dans rien et qui sera sans doute éphémère. Toutefois, ce langage est très utilisé chez les adolescents qui déjà, visiblement, semblent bien durement égratigner la langue française à grand renfort de SMS et autre  dialogue et symboles sur msn.
Ensuite, il y a eu cet autre reportage sur l'illettrisme au travail. En en parlant avec Doudou, celui-ci a eu la judicieuse remarque de faire une comparaison avec la disparition du service militaire volontaire et obligatoire qui diagnostiquait souvent ces problèmes avant de relâcher les hommes à la vie civile et tentait d'y remédier. Aujourd'hui, l'armée est de métier, certes, elle fait encore ce même travail mais touche beaucoup moins de monde. Résultat : on se retrouve avec des actifs illettrés, à la limite du savoir lire et écrire, que la société appelle le phénomène de désapprentissage faute de pratique...
Enfin, fièrement, a été diffusé récemment deux reportages sur des méthodes inventées par des communes et chefs d'établissement pour lutter contrer l'absentéisme à l'école. Désormais, les élèves qui seront présents toute l'année en cours seront "rémunérés", enfin, leur classe gagnera une récompense ou bien encore à Marseille, ces mêmes "élèves exemplaires" gagneront des places de foot... Personnellement, je croyais que la récompense en allant à l'école tous les jours c'était d'avoir son diplôme. Je suis bien naïve et en marge de cette société visiblement...
Ces nouvelles m'ont scandalisées.
Quand on sait que dans certains pays du monde, le droit à l'éducation et au savoir est un luxe, que des petits écoliers font des kilomètres à pied pour se rendre dans une salle de classe précaire au matériel plus que pauvre et rudimentaire et qu'il s'agit pour eux d'une fierté ! Franchement, comment ne pas être bouleversé(e) par tant d'affront face à ces populations contraintes de vivre dans l'illettrisme parce qu'elles n'ont pas d'autre choix ?
Où va-t-on ? Je vous le demande, avec cet école qui se réforme et se modifie selon un modèle complètement farfelu. Comment va-t-on donner le goût d'apprendre à des populations qui marchent à la carotte ? Comment va-t-on donner le goût du travail et l'envie d'évoluer à des générations qu'on récompense tout simplement parce qu'elles ont daigné se lever le matin ?
Il y a peu de temps, le temps de mes grands-parents, beaucoup s'arrêtaient au certificat d'études et c'était une grande fierté que de le posséder. Si certains élèves étaient bien plus âgés que les autres dans les classes, c'était parce qu'ils n'avaient définitivement pas atteint le niveau pour passer dans la classe supérieure. Aujourd'hui, on passe les classes parce qu'on a l'âge, on est bachelier même si on fait des fautes à tous les mots et qu'on ne possède que 3 grammes de vocabulaire, d'ailleurs les "perles du BAC" circulent sur internet nous faisant bien sourire, mais ce sourire est bien souvent jaune.
Je n'ai pas de solution miracle pour lutter contre l'absentéisme à l'école, ceci est encore à ramener à un problème d'éducation parentale d'abord, qui se décharge entièrement sur une société déjà bien fragilisée par d'autres soucis...
L'école est un DROIT et un DEVOIR OBLIGATOIRE jusqu'à 16 ANS
et des générations se sont battues pour cela parce que comme les pays pauvres d'aujourd'hui, elles étaient conscientes de l'importance de l'acquisition d'un savoir.
Encore un fois, où sont nos intellectuels ? je n'ai pas entendu de protestations vis-à-vis de ces nouvelles méthodes d'apprentissage, ni politiques, ni dans l'Education Nationale, ni chez les parents...
Alors, on fait des grèves pour sauver une école en danger mais là, silence radio !
O
ui, l'école est en danger, mais pas seulement à cause de réformes politiques, aussi à cause de NOUS. Nous nous laissons abrutir par la télévision et ses programmes bien pauvres de TV REALITE qui recommencent chaque année, au lieu de booster notre cerveau, nous l'abêtissons, utilisant de moins en moins les zones qui devraient être beaucoup plus stimulées que celles de nos aïeux.
Franchement, si j'écris cet article, ce n'est pas pour faire de l'intellectualisme aigu, c'est tout simplement pour exprimer ma peur, mon désoeuvrement, mon dégoût pour cette futilité qui chaque jour nous grignote. Je ne cherche pas à engager tout le monde en politique, je cherche juste un écho quelque part de gens qui me répondent qu'eux-aussi se sentent encerclés par la médiocrité et qu'ils en ont assez d'être les suppôts d'une société qui part en déliquescence.
La France, Pays des Droits de l'Homme.
La France, Pays des Lumières, des Belles Lettres et des Beaux Arts
La France, Pays des combats sociaux, de la Sécurité Sociale, des congés payés.
La France, Pays de la gastronomie.
Garderons-nous le reflet de ces phrases dans l'avenir ?
Nous tendons à un ETAT POLICIER (exit les Droits de l'Homme et leur déclaration)
Nous rémunérons nos élèves pour qu'ils viennent s'instruire (et l'âne suit la carotte, à cette allure, les Beaux Arts et Lettres ne seront bientôt plus qu'une Légende)
Nous perdons de plus en plus d'acquis sociaux, la Poste ne sera pas privatisée, 2 millions de personnes se seraient exprimés dans ce sens, mais qu'en est-il des idées libéralistes qui sont pondues à chaque heure (légaliser le travail le dimanche, travailler pendant ses arrêt maladie voire maternité, dé-rembourser de plus en plus de médicaments et soins...)
La malbouffe a envahi notre quotidien depuis longtemps, l'obèsité gagne du terrain, les produits bio montent leur prix en flèche, que reste-t-il aux familles peu fortunées ou pressées, le tout-fait rempli de conservateurs et autres additifs parfois même pas comestibles...
Un long article pour réagir et me convaincre qu'un combat m'attend pour sortir Chouchou et Ti'Doudou de la médiocrité qui les guettent, toujours leur ouvrir l'esprit, les intéresser, les façonner à l'effort et à la chance de ce qu'est de SAVOIR et d'APPRENDRE. Je veux essayer de les rendre INTELLIGENTS et ERUDITS, non pas pour BRILLER mais pour leur propre compte, parce que LA LIBERTE est en DANGER dans le pays où on vit, en PARTICULIER CELLE DE PENSER et PENSER C'EST LE PROPRE DE L'HOMME.
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Publié dans LES EPREUVES

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M
<br /> En tous les cas, chez-nous en Belgique,on en parle beaucoup ! et pas de manière tendre ... Le libéralisme sauvage fait aimer les sous OK, mais ces gosses mal barrés en toucheront toujours davantage<br /> en rue, vendant de la drogue, commettant des méfaits ...<br /> Pauvre France ...<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Franchement, c'est l'idée la plus débile que j'ai jamais entendue... Quand je pense qu'ailleurs, les études se payent. Chez nous c'est gratuit (dans la plupart des cas) voire bientôt, maintenant,<br /> rémunérées... Mais comment va-t-on rendre le goût d'avoir obtenu par soi-même, à la sueur de son front, un diplôme, comment va-t-on rendre le goût du mérite ????<br /> Comme tu dis Pauvre France... Et pas plus tard qu'hier, un reportage est passé sur le statut des étudiants de France qui sont de plus en plus pauvres, certains ont à peine de quoi se payer 1<br /> repas/jour, ils logent dans des habitations désaffectées dans l'attente d'être expulsés le jour où ils seront découverts, ils ne se soignent plus car n'ont pas les moyen d'avancer les 20€ du<br /> médecin, leur état physique et mental se dégrade et souvent ils passent plus de temps sur le lieux de leur petit boulot qu'à la fac ou chez eux pour étudier... Mais à part ça, dans certains lycées<br /> pro, on a rien trouvé de mieux que d'inciter les jeunes par l'argent pour les remercier de daigner vouloir étudier et se cultiver... ça m'horripile !!!!!!!!!<br /> <br /> <br />
M
<br /> Parfaitement d'accord avec toi!<br /> J'écoutais Canteloup ce matin, qui ironisait sur la question en disant que bientôt "Tu ne fumes pas de shit en classe, tu auras une prime/ Tu ne violes pas ta prof, tu auras une prime encore<br /> supérieure...." Ou va t'on? Par contre, il y a bien des réactions, notamment de groupes de parents, sauf que les médias bizaremment ne semblent pas trouver que cela joue assez sur l'émotion, du<br /> coup à la trappe si la ménagère ne verse pas sa petite larme face à la grand messe du 20h00.<br /> En parallèle, par contre, il n'y a plus d'argent pour les RASED, ses aides qui finançaient des intervenants éducatifs pour les enfants en difficultés au grand regret des instituteurs....<br /> C'est pas gagné!<br /> <br /> <br />
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K
<br /> A la base, il s'agit d'une idée de M.HIRSH, du coup, la classe politique au pouvoir se trouve divisée sur la question, une idée de gauche qui ne fait pas l'unanimité mais qui semble cependant<br /> difficile à contrer... Il semblerait que Libé ait traiter du sujet dans ses colonnes, tant mieux ! Toutefois, c'est peut-être vrai que les réactions restent muselées mais c'est totalement<br /> inconcevable que l'opinion n'ait pas d'opinion sur le sujet justement... Doudou me disait qu'il avait entendu des réactions à la radio en faveur de la démarche de gens qui opposent les basses<br /> classes aux autres, en indiquant que l'argent puisse être le seul moteur de l'envie de réussir dans les "banlieues"... Heureusement que non !<br /> <br /> <br />