Anna-Lee CHAPITRE VII
Sarah ne comprit pas tout de suite ce que Michael allait faire lorsqu’il lui téléphona d’une chambre d’hôtel proche de son bureau mais elle ne tarda pas à se sentir anéantie lorsqu’il lui annonça qu’il devait rejoindre en urgence le Vietnam pour un défaut de conception dans leur projet en cours. Elle, qui jusque là, s’était contenue pour ne pas lui faire connaître son courroux légendaire auprès de ses amis, n’hésita plus à le lui faire goûter. Elle devint hystérique en quelques secondes. Michael, qui ne supportait ni cri, ni sauvagerie, ni colère démonstrative, raccrocha tout bonnement le combiné. Il attendrait qu’elle se calme pour la rappeler… A deux heures du matin, c’est elle qui fit la démarche, plus pausée, elle lui indiqua qu’elle l’accompagnerait à l’aéroport, ce qu’il accepta.
Jusqu’au comptoir d’enregistrement des bagages, Sarah lui tint le bras. Elle sentait qu’il lui échappait et ne maîtrisait plus ses émotions et son désarroi.
Pourquoi ? Elle culpabilisait sur des idées sans aucun fondement, s’imaginant des scénarios où elle se mettait au centre de toutes les situations.
Michael ressentait terriblement son malaise, il avait failli lui avouer son écart avec l’inconnue à plusieurs reprises mais le secret était toujours gardé, comme si une force l’empêchait de révéler ses sentiments.
Sarah crut tout de même bon de lui assurer qu’elle attendrait, le temps qu’il faudrait, pour qu’il retrouve ses certitudes et qu’il lui revienne.
Cependant, c’est le cœur lourd et la gorge nouée qu’il prit place dans l’avion. Il jeta un œil sur l’équipage qui s’affairait à installer confortablement les passagers, ces derniers, touristes pour certains, s’enthousiasmaient de leur voyage, les autres, ressortissants et anciens ressortissants, affichaient un calme ambiant dans leur retour au pays natal. Vingt-quatre heures de voyages, une escale à Taï Pei en Chine au bout de dix heures de vol de nuit et une arrivée à dix heures du matin à destination, heure locale. Il avait emmené heureusement avec lui des somnifères et espérait se plonger dans un sommeil profond et sans rêve jusqu’à destination.