Le Grand Sage
Il n'est pas de saison
Sinon l'automne
Où le monde végétal en mutation
nous charme et nous étonne
J'avais décidé
En ce dimanche ensolleilé
De rendre visite au Grand Sage
Celui qui traverse les âges
Son écorce structurée
de lignes pleines et incurvées
m'oriente à imaginer
combien d'écrits
il porte en lui
Le Grand Sage dispense sa parole
Aux âmes de bonne école
Celles qui savent écouter
lire ses cicatrices ancrées
comme autant de pensées
d'histoires à raconter
Le Grand Sage est ouvert
Ses feuilles perdent leur vert
Mais sous son dénuement
Ce sont tout simplement
ses propres vers qu'il tend
Aux sensibles coeur d'enfant
Son envergure immense
N'est qu'une récompense
A toutes les plaies qu'il panse
A l'écoute des errances
Le Grand Sage est confident
Il récolte en silence
les secrets, les sentiments
les coups de blues, les coups de chance
Chacune de ses feuilles
pleurées en son pied
est preuve du recueil
de ce qu'on lui a confié
Le Grand Sage est paisible
Car il ne peut bouger
Seulement regarder
L'Humain cet imbécile
qui croit tout maîtriser
Mais demain ?
Où sera l'Humain ?
Là réside son tourment
Pourtant,
Il lui suffirait simplement
D'écouter dans les feuilles la complainte du vent
D'écouter sur le tronc le ruissellement de la pluie
Pour savoir que pour sa survie
Respecter et préserver
Se poser et méditer
Le tournera vers la voie
Sur laquelle le Grand Sage le guidera
La communion