La Terre ne nous appartient pas, c'est Nous qui appartenons à la Terre...
Comment rester sans réaction écrite face à la fin du reportage que je viens de voir sur France 3 ? Une "brochette" de mamies bretonnes racontant leur exil à Paris. Dans leurs mots, l'absence, le manque, le déracinement, le retour, le "chez soi"... autant de mots que je retrouve dans les réflexions et la détresse de Doudou, qui me soutient ici depuis dix ans passés.
Heureusement, on a pu faire des RETOURS au pays natal, mais toujours en ALLER/RETOUR et chaque fois, c'est un déchirement de plus.
Je suis toujours surprise de constater comment les Humains, comme les Chats, sont finalement de nature TERRITORIALE, attachés à un lieu, visiblement, on se construit mieux, parce qu'on sait d'où on vient, on sait où on va et on sait surtout qu'on peut y retourner...
Cette faille qui existe en nous, lorsqu'on perd ce privilège du retour est comme une plaie ouverte qui ne cicatrisera jamais et avec le souvenir, vient l'idéalisation d'un lieu, qui finalement tend à devenir chimérique puisque ancré dans une mémoire d'un autre temps, une autre époque, une image devenue mirage.
Alors pour tous les déracinés, pour tous ceux qui savent la douleur qui nous assaille lorsqu'on est loin de chez soi, je dédie ce poème
et pour tous ceux qui savent quelle importance requiert la valeur de la Terre, je dédie ce poème
et enfin, pour tous ceux qui, comme moi, ont largué les amarres et dérivent à la recherche d'une Terre qui leur sera enfin promise, je dédie ce poème :
Terre-Mère, Terre de Naissance
Toujours en toi reste la reconnaissance
De la géographie qui nous donne la vie
Reste cartographiée, gravée dans notre esprit
Le sentiment d'exil
Conduit à tant de périls
La solitude extrême
L'abandon pour emblème
Reste le souvenir
Le rêve de revenir
De caresser la Terre
Humer jusqu'à l'amer
Pour emmener avec soi
Tout ce qu'on ne retrouvera pas
L'attente du retour
Compter, barrer les jours
Jusqu'au temps du départ
La dernière marche du car
Là-bas, je joue
Là-bas, je ne suis pas
Je les vois comme des fous
Je ne suis pas chez moi
Ici, je respire
Ici, je me retrouve
Je sais qu'aucun empire
Comblerait ce que j'éprouve
Sur ma Terre,
Celle qui m'a vu naître
Je peux me reconnaître
Tout est clair
Je suis en harmonie
Je suis ce que je suis
Alors pour ceux,
Les malheureux
Ceux qui sont nés sans attache
Où font-ils relâche ?
Il existe bien un lieu
Certains le nomme les Cieux
Dans l'attente de cette fin
Ils recherchent en vain
La Terre du repos
Celle qui leur fait écho
On reste voyageur
Quant on n'a pas de port
Liberté dans le coeur
Liberté dans le corps