Peur de le dire...
S'avouer
qu'à force de continuer
à repousser
une échéance qu'on ne peut éviter
il faut regarder
en face la vérité
La souffrance
imposée par le silence
est mère de plus de violence
que des mots maladroits et sans aisance
A trop accumuler
à refouler
un jour finissent par déborder
les non-dits aujourd'hui ankylosés
S'autoriser à délier
ce qui depuis longtemps a trop pesé
et l'exprimer
Même si cela peut blesser
J'ai peur de parler
De réveiller
Ce qui dormait
Peut-être avec raison
dans un lit trop bien fait
frisant la perfection
Minimiser
Les blessures du passé
Les rendre insignifiantes
me convaincre qu'elles ne sont pas importantes
Ne m'a pas aidée
Maintenant je dois affronter
Les réponses qui vont m'être données
ou pire, peut-être seront-elles tues
et là, le temps sera venu
de tourner
la page dont je suis née
Grandir,
Les yeux, ouvrir
Sur ceux dont nous sommes issus
Les percevoir à nu
d'égal à égal
Sans barrière parentale
Pour avancer
Il me faut comprendre
et pour comprendre
Il me faut parler
Connaître les raisons de cette absence
L'éloignement, la distance
Ainsi pourrais-je peut-être soigner
La plaie qui en est aujourd'hui à suppurer
Malgré mes écrits
Que des inconnus semblent saisir
Je n'ai toujours pas pu dire
Ce qui me meurtri
Un signe aurait sans doute suffit
Je n'ai eu que le silence
Aujourd'hui, je me taris
D'attendre qu'on me lance
-"OUi, je t'ai compris !"
Abandonner
N'est cependant pas dans mon tempérament
S'il y a quelque chose à sauver
Je tenterai sûrement
Le tout est de ne plus craindre
Qu'il n'y ait plus rien à atteindre
Sinon ce chemin à deux voies
Parallèle, entre elle et moi...