Le hasard d'être né...
L'Abbé Pierre nous a quitté Hier,
Aujourd'hui Soeur Emmanuelle abandonne cette Terre
Homme de Dieu, Femme de prière
Nous regrettons votre disparition, amers
A l'heure où l'on parle de récession
A l'heure où l'empire financier engouffre des millions
Nous, les artistes, les sensibles, les écorchés
Notre voix va aux mutilés
Ceux qui par le hasard
Sont nés sur une terre sans espoir
Aride, elle assèche irrémédiablement
les cultures, les volontés
de braver
le sort d'un sol indifférent
Comme le reste du monde
Il reste sourd
Aux appels pourtant lourds
d'un peuple à l'avenir de tombe
Un peuple, sans pétrole, sans essence, sans intérêt
Un peuple qui seulement espérait
remplir ses estomacs
réduits à des petits sacs
Aujourd'hui, ils sont toujours sans pétrole, toujours sans intérêt
Les riches ont créer le bio-carburant
Celui qui fait flamber les prix sans arrêt
Des céréales dont ils se nourrisaient
Par milliers, ils se meurent
Sourds nous sommes à leurs clameurs
Ils seront les premiers
Mais nous seront les derniers
Faute de solidarité
Que pouvons-nous espérer ?
Si ce n'est de disparaître
Comme l'on a pu naître
Indifférents, égoïstes
Nous mourrons de nos vices
Nous pleurerons sur nos sociétés
trop bien modernisées
Engloutis par les rêves de grandeurs
La folie de nos meneurs
Humains, il faut lutter
Pour pouvoir le rester
Humains, il faut penser
à ceux qui, décharnés
tentent de subsister
Sommes-nous réellement ceci ?
Des bien pensants dont la vie
N'a plus le temps
De penser aux indigents ?
J'étouffe dans ce monde
Gouverner par une ronde
De blasés, de faux-semblants
Qui se disent impuissants
Elever la voix
Est une forme de combat
Si demain tu ne peux tout quitter
Pour aller aider
Ceux qui ont faim
Tu peux au moins penser
à eux en ton sein
Qu'ils deviennent tes parents
Qu'ils deviennent tes enfants
Le réconfort
d'être liés par le sort
de tout l'humanité