Les amies...II
Maintenant que je peux enfin apprécier le temps qui passe, autant le partager avec ceux que j'aime.
C'est au tour de Sister de coeur de venir manger à la maison et elle a emmené le déjeuner : une pizza.
Nous sommes toutes les deux dans le même état : c'est à dire ENCEINTE avec 15 jours d'avance pour moi et un bébé de plus pour elle... Ben oui pour sa première expérience de maman, Sister de coeur a décidé de me rattrapper en un coup, elle porte des jumeaux, et ma foi, plutôt bien et de façon très élégante...
Sister de coeur et moi, c'est une amitié qui date de très longtemps, elle avait 4 ans et moi 5, c'est pour tout dire... Toute une enfance, toute une adolescence passées ensemble avec les rêves qu'on s'imagine quand on a ces âges...
-"On habitera ensemble quand on sera grandes !"
-"Moi je ferai un métier où je voyagerai tout le temps"
-"Moi, je ne sais pas mais ce que je sais c'est qu'on sera coloc' et qu'on se fera de super après-midis shopping... "
Et on se jouait avec nos barbies les vies qu'on aurait plus tard...
Puis sont venus l'âge adulte, le travail, la vie quotidienne et les difficultés à réellement se rencontrer. Le mariage pour elle, la vie de couple pour moi, puis l'arrivée tant désirée de ses bouts de chou avec le bonus qu'on vive l'expérience ensemble, comme quoi, la vie, c'est sympa, parfois !
Elle est sereine et tant mieux, un peu inquiète, comme toute maman heureuse de l'être peut le ressentir parfois, mais plutôt calme dans cette expérience. Il faut dire qu'elle est passée par le "mal du siècle" l'attente du "+" sur le test qui ne vient pas, les piqûres quotidiennes, les echos endovaginales, les insiminations... toutes ces expériences qu'on vit seule même si le conjoint est là (enfin, plus ou moins là...) Enfin, c'est bon, elle est sortie de cela et maintenant, chaque mois, elle voit à l'échographie que ses deux petits sont bien là, coeurs battants et gigogants, au développement normal. Je suis vraiment heureuse pour elle car même si elle l'exprime tout en réserve, on sent qu'elle a atteint un but qui la rend pleinement épanouie.
Toutefois, on évoque aussi "la solitude" que cet état provoque. Tout se passe dans notre corps, de plus, au stade où on en est, ce n'est pas forcément très visible. Moi, je sens ma "crevette" qui s'agite très régulièrement mais ma famille pas encore ; elle, n'a pas encore clairement cette sensation, mais elle "déplore" que son mari (qui veut tant être père) ne lui pose pas plus de question sur ses ressentis, n'est pas un peu plus curieux et impliqué. Comment la rassurer ?
J'essaye de lui dire que pour un homme (bien que je n'en sois pas un), la grossesse est très abstraite. Comment pourrait-il se mettre à notre place ? La nature a voulu que rien de comparable ne leur arrive, alors... Quand les bébés bougeront bien, qu'il pourra les sentir à travers l'épiderme, il sera peut-être plus "motivé". Pour l'instant, il est certainement heureux, soulagé aussi car la phase où les tentatives échouaient l'ont profondément affecté, mais pas plus expressif que cela.
Je lui dis qu'avec Doudou, quand on attendait Chouchou, on communiquait pas mal, je ne me rappelle pas m'être sentie "seule" plus que cela mais Doudou m'a très vite dit aussi que pour lui, la grossesse n'était pas "concrète" il n'est que spectateur là où nous, nous sommes actrices et comme la pièce qui est jouée est très longue (9 mois), il y a des moments d'inattention, d'absence, d'oubli, ce qui ne nous est pas permis à nous qui sommes constamment sur scène...
Je dis à Sister de coeur qu'il existe des hommes très impliqués, c'est vrai, voire même un peu trop parfois, mais ils sont minoritaires et que la grossesse, l'accouchement, les suites, tout ceci, c'est une histoire de femmes. Ce n'est pas un rejet ou du féminisme aigu, c'est tout simplement la réalité. Voilà pourquoi, pour moi, lorsque l'enfant est là, bien né et concret, que le papa peut le toucher, communiquer avec lui, il est très important qu'il n'y ait pas une exclusivité mère-enfant qui s'installe (allaitement), la période de gestation est bien suffisante à vivre seule...
Sister de coeur ne sait pas trop encore quoi penser de l'allaitement, mais avec deux, évidemment, les "excuses" pour ne pas le faire sont plus compréhensibles...
Nous ne réagissons pas pareil, elle et moi, quand j'angoisse, je cherche des réponses et envisage un éventail d'hypothèse à faire pâlir une geisha. Elle n'angoisse pas particulièrement mais n'est pas plus curieuse que cela non plus. Il faut dire que pour moi, c'est une expérience qui se renouvelle, alors que pour elle c'est une expérience nouvelle...
Je pense qu'elle sera en tout cas, une "maman-poule" mais tout en sachant aussi les limites de ce qui est supportable. Je crois qu'elle n'aura pas besoin de faire appel à "super Nanny" pour se débrouiller de ses jumeaux, elle a le sens du juste, de la politesse, du respect et ces notions pèsent dans sa balance de parent, alors c'est une très bonne chose, maintenant, à voir si les théories échangées entre époux seront mises en pratique comme elle le dit.
Nous aurons certainement d'autres entretiens d'ici la fin de notre aventure et avant de commencer la nouvelle.
D'ici là, porte-toi bien Sister de Coeur et à un prochain partage de pizza !
C'est au tour de Sister de coeur de venir manger à la maison et elle a emmené le déjeuner : une pizza.
Nous sommes toutes les deux dans le même état : c'est à dire ENCEINTE avec 15 jours d'avance pour moi et un bébé de plus pour elle... Ben oui pour sa première expérience de maman, Sister de coeur a décidé de me rattrapper en un coup, elle porte des jumeaux, et ma foi, plutôt bien et de façon très élégante...
Sister de coeur et moi, c'est une amitié qui date de très longtemps, elle avait 4 ans et moi 5, c'est pour tout dire... Toute une enfance, toute une adolescence passées ensemble avec les rêves qu'on s'imagine quand on a ces âges...-"On habitera ensemble quand on sera grandes !"
-"Moi je ferai un métier où je voyagerai tout le temps"
-"Moi, je ne sais pas mais ce que je sais c'est qu'on sera coloc' et qu'on se fera de super après-midis shopping... "
Et on se jouait avec nos barbies les vies qu'on aurait plus tard...
Puis sont venus l'âge adulte, le travail, la vie quotidienne et les difficultés à réellement se rencontrer. Le mariage pour elle, la vie de couple pour moi, puis l'arrivée tant désirée de ses bouts de chou avec le bonus qu'on vive l'expérience ensemble, comme quoi, la vie, c'est sympa, parfois !

Elle est sereine et tant mieux, un peu inquiète, comme toute maman heureuse de l'être peut le ressentir parfois, mais plutôt calme dans cette expérience. Il faut dire qu'elle est passée par le "mal du siècle" l'attente du "+" sur le test qui ne vient pas, les piqûres quotidiennes, les echos endovaginales, les insiminations... toutes ces expériences qu'on vit seule même si le conjoint est là (enfin, plus ou moins là...) Enfin, c'est bon, elle est sortie de cela et maintenant, chaque mois, elle voit à l'échographie que ses deux petits sont bien là, coeurs battants et gigogants, au développement normal. Je suis vraiment heureuse pour elle car même si elle l'exprime tout en réserve, on sent qu'elle a atteint un but qui la rend pleinement épanouie.
Toutefois, on évoque aussi "la solitude" que cet état provoque. Tout se passe dans notre corps, de plus, au stade où on en est, ce n'est pas forcément très visible. Moi, je sens ma "crevette" qui s'agite très régulièrement mais ma famille pas encore ; elle, n'a pas encore clairement cette sensation, mais elle "déplore" que son mari (qui veut tant être père) ne lui pose pas plus de question sur ses ressentis, n'est pas un peu plus curieux et impliqué. Comment la rassurer ?
J'essaye de lui dire que pour un homme (bien que je n'en sois pas un), la grossesse est très abstraite. Comment pourrait-il se mettre à notre place ? La nature a voulu que rien de comparable ne leur arrive, alors... Quand les bébés bougeront bien, qu'il pourra les sentir à travers l'épiderme, il sera peut-être plus "motivé". Pour l'instant, il est certainement heureux, soulagé aussi car la phase où les tentatives échouaient l'ont profondément affecté, mais pas plus expressif que cela.

Je lui dis qu'avec Doudou, quand on attendait Chouchou, on communiquait pas mal, je ne me rappelle pas m'être sentie "seule" plus que cela mais Doudou m'a très vite dit aussi que pour lui, la grossesse n'était pas "concrète" il n'est que spectateur là où nous, nous sommes actrices et comme la pièce qui est jouée est très longue (9 mois), il y a des moments d'inattention, d'absence, d'oubli, ce qui ne nous est pas permis à nous qui sommes constamment sur scène...
Je dis à Sister de coeur qu'il existe des hommes très impliqués, c'est vrai, voire même un peu trop parfois, mais ils sont minoritaires et que la grossesse, l'accouchement, les suites, tout ceci, c'est une histoire de femmes. Ce n'est pas un rejet ou du féminisme aigu, c'est tout simplement la réalité. Voilà pourquoi, pour moi, lorsque l'enfant est là, bien né et concret, que le papa peut le toucher, communiquer avec lui, il est très important qu'il n'y ait pas une exclusivité mère-enfant qui s'installe (allaitement), la période de gestation est bien suffisante à vivre seule...

Sister de coeur ne sait pas trop encore quoi penser de l'allaitement, mais avec deux, évidemment, les "excuses" pour ne pas le faire sont plus compréhensibles...

Nous ne réagissons pas pareil, elle et moi, quand j'angoisse, je cherche des réponses et envisage un éventail d'hypothèse à faire pâlir une geisha. Elle n'angoisse pas particulièrement mais n'est pas plus curieuse que cela non plus. Il faut dire que pour moi, c'est une expérience qui se renouvelle, alors que pour elle c'est une expérience nouvelle...
Je pense qu'elle sera en tout cas, une "maman-poule" mais tout en sachant aussi les limites de ce qui est supportable. Je crois qu'elle n'aura pas besoin de faire appel à "super Nanny" pour se débrouiller de ses jumeaux, elle a le sens du juste, de la politesse, du respect et ces notions pèsent dans sa balance de parent, alors c'est une très bonne chose, maintenant, à voir si les théories échangées entre époux seront mises en pratique comme elle le dit.
Nous aurons certainement d'autres entretiens d'ici la fin de notre aventure et avant de commencer la nouvelle.
D'ici là, porte-toi bien Sister de Coeur et à un prochain partage de pizza !
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